0-3 ans·Les livres offerts par ma marraine·Les livres récents·Non classé

Caca Boudin

Quand j’étais jeune, j’empruntais presque tous les livres que je lisais à la bibliothèque municipale. Les autres, je les empruntais à ma marraine, Odile. Je ne la voyais que rarement, nous n’habitions pas dans la même ville, mais quand je pense à elle, je pense aux livres qu’elle m’a faits découvrir, et je me dis que ce sont ces liens, même distants, qui font la richesse de la relation que l’on peut avoir avec sa marraine (ou son parrain hein).

Comme une évidence, quand James est né, Odile m’a envoyé une sorte de starter’s guide de la littérature enfantine, riche de son expérience avec ses propres (et nombreux) kids. Parmi ces livres, il y avait Caca Boudin de Stephanie Blake, l’histoire de Simon, un petit lapin qui a une fâcheuse tendance à répéter en boucle ces délicieux gros mots.

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Caca Boudin, pour commencer, c’est un livre rigolo, un long gag basé sur un comique de répétition, avec une chute à la fois prévisible et surprenante. De ce que j’en sais, une bonne partie des ouvrages de Stephanie Blake déclinent la même figure de style, comme par exemple Je veux du poulet (au risque de trop en dire, à la fin, Simon ne veut plus de poulet).

C’est un livre court, parfait pour être lu d’une traite, avec des illustrations pop, limpides et subtilement colorées. La typographie et les modulations dans la taille de la police viennent renforcer le rythme déjà soutenu du livre, et sont un précieux guide d’interprétation pour le lecteur – une pensée émue pour ces lecteurs du soir qui doivent interpréter tour à tour un lapin, un loup, un pompier, un petit pois, un chapeau ou même un parent détendu. C’est aussi un livre qui laisse une belle place dans le récit pour les enfants. Il n’est pas question que nous lisions le livre sans que ce ne soit James qui « lise » caca boudin. J’attends avec impatience que Marcus soit lui aussi en mesure de dire caca boudin. Là pour l’instant, il en est à caca. Ah oui, et puis c’est aussi un livre à loup, un de ces livres où le pauvre loup est le dindon de la farce.

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Caca Boudin fait partie de ces livres qui dévoilent le côté obscur de la force des enfants, cette vieille tendance qu’ils ont à s’obstiner à ne pas correspondre à la jolie image toute lisse que l’on essaie désespérément de projeter sur eux. Dans le livre, Simon répète à longueur de temps l’expression caca boudin. Bon, on est bien d’accord, ça pourrait être pire, il pourrait dire saloperie de bordel de merde, ou juste bordel de merde. Mais en attendant, ça agace un peu ses parents et sa sœur, qui, selon moi ,le prennent néanmoins avec pas mal de philosophie. En ce qui me concerne, je crois que j’aurais tendance à m’agacer légèrement plus. Mais là où l’histoire devient intéressante, c’est que cette sale manie met Simon en danger (face à son insolence le loup le croque fissa), mais cette sale manie va également sauver la vie de Simon (c’est grâce à elle que son père le reconnaît et peut le sauver). Hum, ça fait réfléchir, non ?

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Au final, je me demande si je n’ai pas plus appris que James et Marcus avec ce livre…

Caca Boudin de Stéphanie Blake, publié par l’école des loisirs en 2002 (0-3 ans)

 

8 réflexions au sujet de « Caca Boudin »

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