0-3 ans·Les classiques

La Chenille qui fait des trous

La littérature pour enfants compte de nombreux auteurs particulièrement prolifiques, surement une question de format (et de déclinaison d’un univers). Parmi eux, on retrouve Eric Carle, dont le trait est reconnaissable entre mille. Eric Carle a publié (d’après son site) près de 70 livres.

L’un de ses premiers livres, La Chenille qui fait des trous, date quand même de 1969, et c’est l’un des livres préférés de James et Marcus. Il a deux points forts: des illustrations particulièrement chatoyantes, et surtout, des petits trous. D’expérience, un enfant ne résiste jamais longtemps à un livre à trous.

Au début était un petit oeuf (et la lune, il y a toujours la lune):

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Ce petit oeuf très vite se transforme en chenille, qui a une faim de loup. Elle entreprend de dévorer tout ce qui lui tombe sous les pattes, des fruits divers et variés, jusqu’au jour où incapable de se rassasier, elle se paye une belle orgie des familles, voyez plutôt:

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Un peu comme si elle avait trouvé la recette du Gloubi Boulga (checke un peu mon âge avec cette référence).

Tout au long de la semaine, la chenille a fait de petits trous dans les fruits qu’elle a trouvés. Afin que l’enfant s’instruise tout en lisant (optimisation du temps), la petite chenille a l’heureuse idée de commencer par une pomme, puis deux poires, puis trois prunes, puis quatre fraises, puis 5 abricots, et hop, ni vu ni connu, notre petit lecteur a appris à compter jusqu’à 5, il a aussi appris le nom des fruits, les jours de la semaine, et les couleurs. Bien vu. Mais ce qui est encore mieux vu, c’est l’astucieuse mise en page, avec ces petits trous qui traversent les pages, et ces pages de plus en plus larges, au fur et à mesure que croit l’appétit de la chenille. Démonstration:

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C’est malin. N’oublions pas que pour un enfant qui ne sait pas lire, la taille de la page compte autant que les mots, de même que la matière, la transparence, la disposition. Cette rupture dans la mise en page (et en papier) rend le livre d’autant plus précieux, et incite le petit lecteur à s’en emparer, y toucher. Et son livre devient un jouet, cqfd.

Alors bien entendu, la petite chenille, après avoir tellement mangé, voit quelques transformations s’emparer de son corps, et finit par se muer en papillon. On en vient ici à la première grande force des ouvrages d’Eric Carle: l’univers ultra-coloré. Carle emploie une technique très particulière, des collages et des superpositions de morceaux de papier couverts de peinture. C’est profond, joyeux, à la fois complexe et très spontané.

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Un détail de l’aile du papillon

Autant dire que La Chenille qui fait des trous a tout pour plaire. Elle plait aux garçons, elle me plait, et visiblement, elle plait aussi aux quelques 30 millions de personnes qui ont acheté le livre à travers le monde! C’est un livre tout à la fois ludique et instructif, qui provoque un réel bonheur esthétique. Petit trivia super révélateur, La Chenille a même eu l’honneur de la page d’accueil de Goggle pour ses 40 ans. Et last but not least, elle orne mon mug préféré, la preuve par l’image (avec les traces de café):

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Oh, mais quelle belle photo floue

Cerise sur le gâteau, La Chenille qui fait des trous est édité en français par Mijade, une maison d’édition belge! Un petit cocorico s’impose…

La Chenille qui fait des trous, Eric Carle, édité pour la première fois en 1969, réédité par Mijade (0-3 ans)

2 réflexions au sujet de « La Chenille qui fait des trous »

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