3-5 ans·5-7 ans·Contes

Snow White in New York

Voici Blanche Neige, créature fizgeraldienne tout droit sortie d’un tableau de Modigliani.

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Elle fait partie de la belle société de New York. Son richissime et veuf père a fini par reprendre épouse, une comète de la haute société new yorkaise, the Queen of the Underworld. Cette belle-mère pourtant sublime ne supporte pas de devoir partager son aura avec cette belle-fille dont la beauté éclôt à la une des journaux, et notamment du New York Mirror.

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Elle charge un garde du corps d’emmener la belle dans les bas-fonds de la ville pour la liquider. Evidemment, le garde du corps faut à sa tâche, et abandonne la jeune fille dans un quartier mal famé. Elle trouve refuge dans un lieu interlope: une boîte de jazz.

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Les sept jazzmen lui proposent alors de l’héberger, mais en échange elle devra chanter. Blanche Neige,  la boule au ventre, s’exécute. C’est alors que la remarque un journaliste, qui la met à la une des gazettes. La belle-mère, furieuse, doit feindre la joie de retrouver sa belle-fille. Elle organise une grande fête pour célébrer son retour et son succès – la double peine pour elle – à l’occasion de laquelle elle lui glisse un cocktail empoisonné. Blanche-Neige s’effondre. La ville entière pleure cette belle étoile disparue trop tôt.

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Alors qu’ils gravissent les marches de l’église portant le lourd cercueil, les sept jazzmen trébuchent, délogeant ainsi la cerise empoisonnée coincée dans le gosier de la belle. Le journaliste qui couvrait les funérailles lui avoue son amour, et tous deux font un mariage chicissime, où se presse le gratin new-yorkais. S’en suit une divine lune de miel, surement à Capri.

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Chez moi, Snow White in New York provoque une certaine extase esthétique tant ses illustrations art nouveau sont sublimes. Et par magie, ces illustrations, et leur grande théâtralité, résonnent aussi en James. Le travail sur les ombres chinoises est superbe. Alors que les décors sont éclairés et colorés, les personnages, en pleine errance, sont représentés par leurs ombres, tout comme les habitants de New York, qui en silence pleurent la disparition de la belle. Blanche Neige, ce conte cruel « niaisé » par Disney et son interprétation euphorique des sept nains, se transforme en un conte moderne et virevoltant, où les nains sont transformés en jazz men, entre prohibition et charleston. Tout est beau dans Snow White in New York. Je veux sa robe à franges, je veux boire ce cocktail dans ce si beau verre à Martini (je veillerai juste à enlever la cerise empoisonnée), je veux me promener dans ces rues, je veux avoir le vertige au pied de ces immenses immeubles et puis tiens, soyons fous, je veux même cette lune de miel. C’est presque un coffee table book tellement ce livre est beau, c’est dire. Les illustrations en pleine page sont d’une grande richesse, multiplient les points de vue, et les lignes d’horizon. Et cette petite silhouette en couverture, avec son chapeau, son écharpe et sa jupe crayon. Juste sublime. Quelques illustrations pour le plaisir. Je précise quand même que James (Marcus est encore petit) aime beaucoup lire ce livre. De deux choses l’une, soit c’est un esthète, soit le rythme du récit et des illustrations rencontre ses attentes de lecteur (je vous laisse choisir la bonne option).

Quelques mots sur la langue. Ca ne vous aura pas échappé, Snow White in New York est un livre en anglais. J’ai l’habitude de lire en anglais, mais évidemment, ce n’est pas la langue qu’on parle avec les enfants. Quand j’ai commencé à acheter des livres pour James, il parlait à peine, et j’ai naturellement été attirée par les quelques livres en anglais qui trainaient au Pêle-Mêle. Je me disais que ça ne pouvait pas être mauvais de lui lire des livres en anglais, même si j’avais peur que mon accent, lui, soit mauvais. Au début donc, on a lu ce livre et quelques autres en anglais. La musicalité est toute différente, la lecture, le rythme, du coup je crois que c’était assez attractif pour petit James. Mais au fil du temps, James s’est lassé, et a voulu comprendre ce que je lui lisais – on ne peut pas vraiment lui jeter la pierre, le pauvre. Du coup maintenant je traduis en live les quelques livres en anglais que nous avons, mais j’ai arrêté d’en acheter. Je vais cela dit peut-être recommencer, et profiter des quelques mois de « passivité » lexicale de Marcus pour les lui imposer. Pour info, il y a un autre livre que l’on a beaucoup lu en anglais, c’est le grand classique, Madeline, que je connais d’ailleurs à peu près par coeur.

Pour finir, j’ai googlé Fiona French par curiosité, car je n’ai jamais vu ses livres ailleurs que dans ce bac du Pêle-Mêle. Visiblement, elle a illustré de nombreux autres livres, mais qui ne sont pas très diffusés. Elle peint aussi. Les autres livres ont l’air beau, mais Snow White in New York semble être le seul illustré dans un style purement art nouveau.

Snow White in New York de Fiona French, Oxford University Press, 1989 (3-7 ans)

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