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Mon coquelicot

Je ne suis pas très calée en poésie, et d’ailleurs je n’en lis plus depuis que je n’y suis plus contrainte j’ai terminé mes études. Nonobstant le fait que cela pourrait considérablement enrichir ma personnalité un chouïa terre-à-terre, c’est également dommage car cela m’éloigne un peu de l’enfance, ou en tous cas de mon enfance, où durant tout un temps les poèmes furent au coeur de mon processus d’apprentissage. L’école, c’était synonyme de dictée, récréation, calcul mental, et poésie. Je ne sais plus à quel rythme, mais je me souviens avoir appris par coeur de très nombreux poèmes, que je prenais plaisir à réciter à mes parents, beaucoup moins devant la classe. Malheureusement, je ne me souviens que de peu d’entre eux, mais j’ai quelques restes, de tête, sans même recourir à Wikipedia…

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.

(La fille qui prend comme exemple sur un blog consacré à la littérature enfantine un poème sur le deuil parental, bien joué). (Je connais aussi Ma Bohême, les poings dans mes poches crevées, mon paletot aussi devenait idéal, j’allais sous le ciel, Muse, et j’étais ton féal, etc, etc.) (Ne me remercie pas pour les idées de poèmes guillerets à apprendre par coeur avec tes enfants, c’est cadeau)

Attention, je connais aussi Les Belles Familles de Jacques Prévert, mais c’est plus long (surtout dans cette version). Bref.

Tout ça pour dire que pourtant, la poésie, c’est un peu le langage de l’enfance (ah, tu vois, moi-même je fais presque de la poésie). Dans sa façon de faire avancer le récit/texte en associant les idées, illustrant les sentiments, invoquant les sensations, ça ressemble pas mal aux discours sans queue ni tête libres que peuvent tenir les enfants. (Oui, James fait pas mal de slam en ce moment) (Marcus aussi, mais pas en français, dans une autre langue que personne n’a encore réussi à identifier) Et puis en ce qui me concerne, je ne résiste ni à une bonne allitération, ni à une bonne assonance, et je rêve d’un monde où l’on parlerait en alexandrins, ça aurait beaucoup d’allure.

J’en viens donc à ce livre de poèmes, Mon Coquelicot, qui est l’un des rares que nous possédons. On a aussi une séries de petits livres de poèmes illustrés de Maurice Carême, mais ils sont très durs à lire, car plein de ruptures de rythme, et pas systématiquement rimés. James a adoré ces livres pendant des mois, il a fallu les lui chanter, c’était une semi-torture à chaque fois (bon, peut-être pas une torture, mais en tous cas un effort), et je dois bien avouer que je les ai « rangés » sur une étagère obscure, celle où je mets les livres mal-aimés (par moi hein, on s’entend).

Rien de tout cela avec Mon Coquelicot, essentiellement basé sur les allitérations et les assonances. On est loin des alexandrins, mais niveau rythme ça va, on s’en sort encore à la lecture.

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Bon, on est bien d’accord, ça demande quelques creusages de cervelle pour trouver un sens à l’affaire (et encore, ce poème-ci est peut-être le plus accessible). D’ailleurs, les kids ne connaissent pas la moitié de ces mots, du coup quand on est en forme, il nous arrive de faire des digressions lexicales. Et pourtant, ça leur parle.

Le livre est en fait un catalogue de fleurs (un herbier en somme), où se succèdent ces poèmes doux et rigolos, et de très jolies illustrations représentant les fleurs en question. Ca tombe bien, j’adore les fleurs, et je cautionne tous les livres sur les fleurs. J’adore la façon dont les fleurs sont stylisées de façons extrêmement simple, et néanmoins très identifiable. Ca me donnerait presque envie d’essayer de les copier. Ici par exemple, un superbe hortensia, comme dans le jardin.

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J’aime beaucoup aussi la pivoine, parce que c’est l’une de mes fleurs préférées (je dis ça en passant, on sait jamais), même si je m’étonne qu’à aucun moment ne soit fait référence au pivert, ni au pivot. Je réfléchis donc actuellement à une version alternative.

Bref, si comme moi vous êtes nul en poésie, et manquez un peu d’inspiration pour élargir le champ littéraire de vos tout-petits, je ne saurais que trop vous conseiller ce joli recueil, un régal pour les yeux et les oreilles.

Mon Coquelicot de Céline Herrmann, collection « Loulou & Cie », édité par L’Ecole des Loisirs en 2009 (0-5 ans)

 

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