0-3 ans·Etude de marché·Non classé

Les livres sur le pot

Avec Marcus, ça y’est, on en est à l’étape du pot. Quel beau moment que cette période où l’enfant acquiert cette compétence suprême qui signe un pas de plus vers l’indépendance: la continence.

Mode aparté IN

Attention, au début, la continence, aussi appelée « propreté » est un faux ami, attendu que l’enfant est tout sauf propre. Vous vous dites: « Chouette, plus de couches à changer! », et là une mise au point s’impose. Il n’y a plus de couches à changer à l’horizontale, mais bien des fesses à essuyer à la verticale. Et je ne parle même pas des culottes à décrotter. Ne me remerciez pas pour l’image.

Mode aparté OFF

Donc, qu’est-ce qu’on fait à la maison quand on est confrontés à une question d’éducation? Ben on achète des livres. C’est donc parti pour le crash-test des livres sur les enfants qui vont (ou pas) sur le pot.

  • Non, pas le pot de Stephanie Blake: l’incontournable

A la maison, on est fan de Simon, le petit lapin boudeur et juste insolent ce qu’il faut (mais pas trop, merci) de Stephanie Blake.

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On l’a découvert avec Caca Boudin, un classique, et depuis, on suit ses aventures avec intérêt. De fait, quand j’ai vu qu’il existait un volume sur l’apprentissage de la propreté, je me suis dit: « Bingo! » C’était d’autant plus parlant que Simon a désormais un petit frère, Gaspard, et c’est donc lui qui passe par l’étape du pot, ce qui offre un bel effet de miroir avec la situation à la maison (non mais le souci du détail).

Gaspard est bien gentil, il babille joliment ce qui le rend cromignon, mais il a une fâcheuse tendance à se soulager obstinément dans sa couche plutôt que sur le pot.

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Face à cette situation, les parents de Gaspard lui suggèrent de s’approprier son pot, de jouer avec, d’en faire un allié, voire un compagnon.

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De son côté, Simon opte pour une solution plus frontale: il décide d’ostraciser* son frère jusqu’à ce qu’il soit propre. Une méthode que d’aucun jugerait quelque peu brutale, mais qui a le mérite de motiver son frère. Un beau matin, Gaspard décide d’aller sur le pot, et là qu’est-ce qu’il fait, je vous le donne dans le mille, il prend un livre en attendant que ça vienne. #rolemodel

Comme la plupart des albums de Stephanie Blake, c’est rigolo, il y a des petits gros mots, c’est spontané, ça se termine sur une pirouette, rien de révolutionnaire, mais la formule est éprouvée, et garantie efficace à la maison. Je ne sais pas si c’est par imitation, mais l’autre jour, on a pu apercevoir Marcus installé tranquillou sur son pot, en plein milieu du salon, le pantalon sur les chevilles et un livre sur les genoux.

Verdict: livre validé.

* oui, je sais, ce mot n’existe pas, mais vous m’avez comprise

  • Mon pot à moi: le livre jouet

100% de mes garçons sont fans des livres à volets, d’où certainement leur affection disproportionnée pour cet album gentillet où un petit enfant est accompagné vers la propreté pas à pas, slip mouillé après slip mouillé, par sa maman pleine de patience et de bienveillance. A chaque double page, il faut ouvrir le volet pour connaître la suite de l’histoire, et mes enfants ne résistent pas à ce suspense insoutenable. IL FAUT OUVRIR LES VOLETS! TOUT DE SUITE! OUVRE LE VOLET!

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Cette mère est une sainte, sachez-le

Vous remarquerez deux petits détails dans cet album. D’abord, étrangement, ce n’est pas un papa qui accompagne l’enfant slip mouillé après slip mouillé: sexisme à l’envers ou conformisme sociétal? Ensuite, cet album est un peu culpabilisant quand au quatrième pantalon souillé de la journée, tu te répètes en boucle ce mantra ânonné par le bébé béat du livre: « J’ai fait pipi dans ma culotte! Heureusement, Maman ne me gronde pas! » Je vous jure, je ne m’énerve pas. Mais alors pas du tout. Du. Tout.

Peut-on dire que cet enfant en fait trop? Vaguement. 

Tout ça pour dire que ce livre, qui personnellement me laisse un peu de marbre car il manque et d’insolence, et/ou de tendresse à mes yeux, et qu’en sus, son graphisme ne m’émeut pas beaucoup, a rencontré la faveur des garçons (on le lisait déjà avec James à l’époque), qui l’ont tous les deux beaucoup lu au stade du pot. Petit détail pratique: dans cet album, le petit enfant ne prend pas un livre sur le pot, mais son doudou. Et bien sûr, Marcus fait pareil – son doudou a même une place désignée sur le porte-PQ quand il utilise les toilettes des grands. Autant dire que je suis sceptique en termes d’hygiène quant à ce mimétisme-là (et là tout de suite la mère est moins parfaite, non mais)…

Verdict: livre validé par les garçons.

(vous bilez pas, c’est comme à l’Ecole des fans ici, tout le monde est validé d’une façon ou d’une autre)

  • Je veux mon p’tit pot, de Tony Ross: le vintage so 80s

Je ne connais pas très bien l’oeuvre de Tony Ross, qui semble-t-il est très prolifique, et aborde là aussi de nombreuses thématiques es-sen-tiel-les dans la vie des enfants, le pipi, le doudou, toutçatouça. Il y a d’ailleurs toute une série de livre Je veux… avec la même héroïne, une petite princesse. Et je l’aime bien cette petite princesse pas chochotte qui se contente d’une simple chemise blanche, et n’a que faire des attributs disney-esques de sa caste: ici, point de paillettes, le rose n’est qu’aux joues, on se passe volontiers d’escarpins, même en vair, et je suis sure que dans un moment d’inattention on pourrait en arriver à mettre un doigt dans le nez. Une princesse un peu crado: je plussoie (du verbe « plussoyer », apparu à l’aube du XXIème siècle sur les forums sociaux m’indique internet) (je précise, parce que mon correcteur, qui date pourtant d’après l’aube du XXIème siècle, ne semble pas connaître ce verbe). Bref, cette petite princesse est en tous points charmante, bien qu’un peu caractérielle.

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Ici, la petite princesse, à qui il n’en faudra pas beaucoup pour devenir une monarque absolue, voire une despote, voudrait bien son pot, que dis-je, exige son pot. Son pot, elle l’adore, elle le traine partout, joue avec, crie avec, vit avec. Alors quand il a disparu, tout le royaume part à ses trousses. Heureusement qu’on peut toujours compter sur l’amiral (note pour plus tard: toujours avoir un amiral avec soi), alors que les généraux, eux, sont d’une incompétence crasse.

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Malheureusement, et malgré l’effort spontané et populaire pour acheminer en temps et heure le pot auprès de la princesse, celui-ci arrive un « p’titpot » trop tard. Oups!

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J’adore le prosaïsme de la dernière page

Et évidemment, on ne va pas en faire un fromage. On est comme ça nous les parents qui inculquons la continence à nos enfants, de sang royal ou simples manants, on fait preuve de patience, évidemment. Personnellement, j’ai adoré la petite princesse pour ce qu’elle représente, j’ai aussi beaucoup aimé la description de l’étape nécessaire d’acclimation (mention spéciale à l’autocollant « Learner »)

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J’ai aimé aussi le fait que le livre souligne sans guimauve que malgré toutes les bonnes volontés du monde, celles de la princesse, de ses parents (et de leurs sujets accessoirement), les accidents arrivent, et point à la ligne.

Verdict: livre validé.

NB: du coup, on a voulu regarder un épisode de Petite Princesse sur Netflix l’autre jour, et comment dire, on a été pour le moins surpris par le rythme. Ca durait des plombes (10mn, parfois c’est des plombes), sans pour autant qu’il y ait matière à ça, et la bande-son était un peu bizarre.  Vous connaissez? C’est une fausse impression? 

  • Tout le monde fait caca! de Rascal et Pascal Lemaire: l’évidente énumération

Parfois, mis face à de telles évidences, que faire sinon s’incliner? Alors oui, tout le monde fait caca, à commencer par les animaux, de la forêt ou de la savane, du potager ou de l’aquarium, dans le ciel ou sous la terre, tout le monde y passe. Tout le monde fait caca! a rassemblé pour l’occasion un casting de première classe, avec quelques guest stars attendues ou pas, du loup et son inséparable petit chaperon rouge…

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…au monstre du Loch Ness et son poteau l’abominable homme des neiges.

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Mention spéciale à la farandole finale du caca!

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Evidemment, si tout le monde le fait, ça veut dire qu’à la maison, on va pas s’en priver! Et voilà comment on fait…

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Contrairement aux autres livres, celui-ci n’aborde pas les différentes étapes de l’apprentissage de la propreté, mais propose une énumération de situations « exemplaires » (on s’entend hein). C’est rigolo bien sûr, et ça souligne avec légèreté qu’au final, tout ça, ce n’est que la nature, ça finira bien par se faire. C’est rigolo, mais le petit bémol en termes d’efficacité, c’est que le sujet l’enfant s’identifie moins, puisqu’il n’est que peu représenté. Du coup, c’est une chouette lecture de complément, disons.

Verdict: livre validé (mais pas comme unique référence).

Et vous, vous lisez quels livres sur le pot?

(pas les livres que vous lisez personnellement sur le pot hein, les livres à propos du pot que vous lisez avec vos enfants, ou sans vos enfants, bref…)

  • Non, pas le pot de Stephanie Blake, édité par l’Ecole des Loisirs (2011) (0-3 ans)
  • Mon pot à moi! de Karen Katz, édité par Quatre Fleuves (2010) (0-3 ans)
  • Je veux mon p’titpot de Tony Ross (1986), édité par Folio Benjamin (2001) (0-3 ans)
  • Tout le monde fait caca! de Rascal et Pascal Lemaire, édité par l’Ecole des Loisirs (2011) (0-3 ans)

 

 

 

 

 

3 réflexions au sujet de « Les livres sur le pot »

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