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Méli-Mélo au Bal des Animaux

Les garçons adorent les histoires, et ne s’en lassent pas. Chaque soir le rituel est répété, et durant la journée, les pauses lecture, seul ou à plusieurs, sont nombreuses. Mais les livres, souvent, ce sont aussi des jouets, au même titre que leurs cubes de constructions ou leur dinette ou leur pistolet à balles chopé à la pêche au canards du quartier.

Méli-Mélo au Bal des Animaux fait partie de ces livres hybrides, des livres d’images avec très peu de textes, dont l’usage relève plus du jeu que de la lecture. Sur le principe classique du méli-mélo, le joueur/ lecteur est invité à découvrir les personnages créés par l’auteur, puis à recréer ses propres personnages, en mixant les différentes particularités de chacun d’eux. Ici à travers le prisme de la danse, Ella Bailey décline une farandole de petits danseurs animaux. Chaque animal emprunte certaines caractéristiques culturelles de son pays, sa région voire son continent d’origine. C’est à une sorte d’exploration folklorique géo-localisée que se livre l’illustratrice. Inès la Tigresse a des petits airs de princesse hindoue, tandis qu’Anna Panda agite son éventail chinois, et Eva Koala secoue son pagne (bon, c’est plus facile avec la tigresse, le panda ou le koala qu’avec le lapin).

Les illustrations sont chatoyantes et  richement détaillées, et ont un délicieux petit goût suranné. Ella Bailey a clairement pris du plaisir à imaginer les tenues de fête de sa petite ménagerie en s’inspirant de motifs folkloriques venus du monde entier. D’ailleurs, la page de garde propose quelques personnages « bonus » que l’on ne retrouve pas dans les pages intérieures, une chauve-souris polynésienne, un phoque esquimau, une écureuil hollandaise (un classique, les écureuils hollandais, non?)

Ces illustrations, et cette approche ludique du « défilé » vestimentaire n’est d’ailleurs pas sans me rappeler le travail de Peggy Nille dans Les Nouvelles Maisons des Petits Amis dont on a parlé ici. Bon, alors ça, c’est pour la partie plaisir esthétique. Mais on est bien d’accord, le vrai intérêt de l’album, c’est quand même de créer des personnages amusants, en mélangeant les styles. Par exemple, moi, pour la démonstration, j’ai créé un…

"Méli-mélo au Bal des Animaux" de Ella Bailey
Siméon, l’ourson du Grand Ouest américain d’ascendance turque qui danse le kazatchok à l’ukrainienne

C’est bien pensé jusque dans les détails, notamment la petite frise qui encadre chaque page, et qui permet de vérifier que l’on a bien reconstitué chaque personnage.

Pour en voir un peu plus sur le bel univers d’Ella Bailey, ça se passe ici. J’aime beaucoup ses dessins d’animaux, et de ce que je vois du reste de son travail, j’apprécie particulièrement l’élégance de son trait à la New Yorker. A découvrir donc!

Dans la catégorie des livres méli-mélo, il en est un autre que l’on aime beaucoup à la maison, dans un tout autre registre (et pour une autre tranche d’âge).

"Maximélo des bébés animaux" de Maud Legrand

Là aussi, l’auteur invente une petite ménagerie, mais l’effet repose ici essentiellement sur les drôles de créatures hybrides que l’on peut créer en tournant les pages de manière aléatoire. C’est beaucoup plus basique en termes graphiques (d’autant qu’il n’y a que deux volets par page et non trois), mais ce livre a la vertu d’ajouter au jeu visuel le jeu lexical. En véritables petits néologistes, les lecteurs ajoutent aux jeux de mains les jeux de mots. Cela convient très bien aux tout-petits, d’autant qu’il y a un petit « plus produit », ces petits aplats de matières à toucher. Les illustrations sont moins détaillées et plus brutes, le tout repose beaucoup sur les fonds de couleurs vitaminés, et les petits artifices poilus, mais c’est délicieusement absurde, et ça tombe bien, les enfants (à moins que ce ne soit mes fils?) adorent tout ce qui est absurde. Ou complètement frappadingue, comme ce…

"Maximélo des bébés animaux" de Maud Legrand

…ou même ce…

"Maximélo des bébés animaux" de Maud Legrand

Petit détail amusant, ces deux livres ont été offerts aux enfants par leurs grands-mères (Mamichon et Mamoune de leurs petits noms), qui fortes de leur expérience ont bien compris l’attrait du livre-objet visiblement.

Méli-mélo au Bal des Animaux d’Ella Bailey (2015), édité par Gautier-Languereau

Maximélo des Bébés Animaux de Maud Legrand (2010) édité par Nathan

 

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