3-5 ans·Les classiques

Le Petit Chaperon Rouge

Autant on beugle chante essentiellement de vieilles comptines à la maison (par exemple, on beugle chante très bien « CERF! CERF! OUVRE-MOI! »), autant on lit très peu de vieux contes. Je crois même pouvoir dire que nous n’avons ni joli recueil de contes de Grimm, ni de Perrault, ni d’Andersen. De fait, je trouve la lecture des contes, que j’ai pourtant dévorés étant enfant, assez difficile aujourd’hui. Bien sûr, il y a la question de leur étrangeté lexicale (la pantoufle de vair, la bobinette, etc.). Il y a aussi la cruauté, la violence, les moeurs déviantes, les parents indignes, les soeurs acariâtres, les frères parricides, le sexisme, et j’en passe. Mais surtout, trouve-je, il y a le manque à peu près absolu d’humour. Et pourtant… Le Petit Chaperon Rouge, le Petit Poucet, Boucle d’or, je les ai tant aimés. Et comme on les croise régulièrement au détour de relectures plus ou moins parodiques, je me dis qu’il est grand temps de les faire découvrir aux garçons.

"Le Petit Chaperon Rouge" "Ilya Green" "Père Castor"

Et je ne suis pas mécontente d’être tombée sur ce petit trésor pour commencer avec la star d’entre tous les contes, j’ai nommé le Petit Chaperon Rouge. J’ai littéralement fondu en voyant cette petite réédition de Père Castor, dont le graphisme correspondait tellement, mais alors tellement à tout ce que j’aime, que j’ai presque hésité à le montrer aux garçons. J’ai même un moment envisagé d’en dépiauter les pages pour les encadrer. Je ne suis pas particulièrement sensible aux rééditions récentes de la collection Père Castor, et je ne peux même pas dire que c’est toute mon enfance, ce serait mentir. J’en ai vu passer pas mal sans jamais m’y arrêter. Mais là, ce fut l’amour au premier regard, comme on dit.

Côté texte, j’ai l’impression que le conte a été sensiblement raccourci et modernisé. Je dois avouer que j’étais un peu déçue quand même de ne pas retrouver l’incontournable « Tire la chevillette, la bobinette cherra », j’ai trouvé que cela dénaturait un peu le conte. D’un autre côté, cela m’a évité d’expliquer aux garçons ce qu’étaient une chevillette et une bobinette – ou de faire un point grammatical sur la conjugaison du verbe choir. 1 point pour le Père Castor. A part ça, tout va bien, le chasseur traite la douce grand-mère de vieille femme pour le sport, et cette dernière se trouve bien requinquée après avoir englouti son verre de vin.

"Le Petit Chaperon Rouge" "Ilya Green" "Père Castor"
Mamie a fini le rouge, ça va mieux. Perso, j’aimerais bien connaître l’adresse de son tailleur de pyjamas

J’ai eu un gros coup de coeur va aux illustrations d’Ilya Green, que je ne connaissais ni d’Eve, ni d’Adam. Tout a commencé avec les bottes à pois rouges, que genre je veux les mêmes. Et puis ce délicieux chaperon, ces joues rosies par l’air vivifiant de la forêt, la jupe aux imprimés un peu slaves, et surtout, ces végétaux: les fleurs, les arbres, les mûriers, je veux extraire tous ces imprimés, et en faire du linge de corps et de maison. Je veux vivre dans ces fleurs. Regarde comme c’est joli:

"Le Petit Chaperon Rouge" "Ilya Green" "Père Castor"

 

Pour le plaisir des yeux, quelques petites illustrations. On adore en vrac le couvre-lit de la grand-mère, les déguisement des chats, l’attitude stoïque face au loup (pardon, mais t’es qui?), et le bouquet couleurs d’automne qui irait bien pour la fête des mères (je dis ça, je dis rien).

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C’est quand même un conte de Grimm, donc il arrive un moment où l’on frôle sérieusement le drame. Là en l’occurence, le loup a eu l’outrecuidance d’avaler la fillette et son aïeule, heureusement le chasseur qui passait par là arrive juste à temps pour découper aux ciseaux de couture la panse du loup, et extraire in extremis les demoiselles en détresse. Sur une idée du petit Chaperon, ils décident non pas de tuer le loup, pas assez pervers visiblement, mais plutôt de lui fourrer le ventre de cailloux. Le loup se réveillant en sursaut s’apprête à bondir, et là c’est le drame, il meurt sur le coup à cause du poids des pierres (don’t ask, je ne suis pas sure d’avoir compris). Voici donc le moment un chouïa traumatisant où le Chaperon et mère-grand sont encore dans l’abdomen du grand méchant. Ca va, c’est pas trop gore.

"Le Petit Chaperon Rouge" "Ilya Green" "Père Castor"

Bref. Moi j’aime d’amour ces illustrations, et les garçons se sont déclarés ravis d’apprendre enfin la vraie histoire du Petit Chaperon Rouge, que l’on n’arrête pas de croiser dans les livres que l’on lit. Plus à ce propos bientôt!

En attendant, je m’en vais faire un tour sur le site d’Ilya Green, pour voir ce que je pourrais bien rajouter à ma liste de livres à trouver déjà longue comme un jour sans pain (ou sans fromage).

Le Petit Chaperon Rouge, un conte de Grimm, illustré par Ilya Green, édité en 2010 par Père Castor (Flammarion)

PS: on a aussi (re)découvert la version de Perrault cette fois, avec ce bel album pop-up:

IMG_7565

C’est une version beaucoup plus sombre, les illustrations sont assez radicalement différentes, mais très belles aussi.

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6 réflexions au sujet de « Le Petit Chaperon Rouge »

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