3-5 ans·5-7 ans·Classiques revisités

Classiques revisités: Le Petit Chaperon Rouge

Aujourd’hui, on revisite Le Petit Chaperon Rouge. Mais attention, pas la version édulcorée des frères Grimm (ceux-là, j’te jure) avec des chasseurs qui surgissent de manière inopinée ou de chères enfants qui survivent, non, la version badass, l’originale, celle de Charles Perrault. Tu sais, celle où tout le monde meurt à la fin. Où les loups sont de sournois prédateurs prompts au travestissement, physique comme moral, pour venir à bout de leur proie. Mais attends…

Donc notre Petit Chaperon Rouge du jour est une édition du texte original de Charles Perrault, illustrée par Georg Hallensleben dans une version pop-up éditée par Gallimard Jeunesse.

Le Petit Chaperon Rouge Georg Hallesleben Charles Perrault

Et qu’aime-t-on, dans cette version?

Bon, d’abord, on résiste rarement à un bon pop-up. Ici, point de pop-up un peu savant, un peu fou, qui saute aux yeux et déploie des trésors d’ingéniosité, non, tout juste quelques tableaux illustrés sur trois plans pour créer du relief. C’est sobre et de bon goût dirons-nous. La créativité n’est ni dans les découpages, ni dans les pliages, ni même dans la multiplicité des plans de lecture, mais l’effet beau livre est bien là. D’autant que le récit alterne les pleines pages illustrées, les cadres, les petits et grands pop-up. Chaque page tournée amène son lot de surprise.

Le Petit Chaperon Rouge Georg Hallesleben Charles Perrault

Le Petit Chaperon Rouge Georg Hallesleben Charles Perrault

Ensuite, c’est illustré par Georg Hallensleben. On en a parlé il n’y a pas longtemps pour son magnifique livre La Maison des Grandes Vacances. On aime beaucoup ses illustrations denses et colorées, où le rouge du Chaperon saute aux yeux sans même besoin de pop-up. Des illustrations à la fois douces et mélancoliques, qui contrastent avec la sauvagerie du texte. Georg s’autorise même de belles respirations. Le Petit Chaperon est censé habiter dans la forêt? On s’en fout, mettez-moi un peu de mer et de ciel bleu. On tourne vraiment autour des couleurs primaires, traitées à la gouache (?) (la limite de mes compétences picturales s’arrête là je crois!). Quel beau travail!

Le Petit Chaperon Rouge Georg Hallesleben Charles Perrault

Enfin le texte de Perrault. Au début ça va. On aime bien les tournures un peu désuètes, « la plus jolie (petite fille) qu’on eût su voir », l’indispensable coup du « Tire la chevillette, la bobinette cherra » (si y’a pas ça, je suis désolée, mais c’est pas le Petit Chaperon rouge, non?). Bref, le loup fait le malheureux, la grand-mère se fait avoir comme une pauvresse, ne parlons même pas de la petite fille, et on arrive à la moralité, que je ne résiste pas à vous re-livrer, et qui mine de rien projette le récit bien au-delà de cette histoire de petite fille qui trimballe son pot de beurre.

 

Alors, ça vous plait? Nous bien!

Au fait, on vous avait déjà parlé d’une version du PCR, au Père Castor, dont on garde un souvenir plus qu’ému parce qu’elle nous avait permis de découvrir le travail d’Ilya Green. Dingue non?

Le Petit Chaperon Rouge de Charles Perrault, illustrations de Georg Hallensleben, édité par Gallimard Jeunesse (2015)

 

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