3-5 ans·5-7 ans·Les livres récents

Princesse Kevin

Kevin est une princesse.

Les autres peuvent bien rigoler, Kevin s’en moque.

Kevin est une princesse, un point c’est tout.

Viens dans mes bras Kevin, que je te serre bien fort ❤️

Vous l’avez peut-être remarqué, vu qu’on est un peu en boucle là-dessus, mais à la maison, on est très sensibles aux livres qui abordent la question des stéréotypes de genre, quelque soit leur degré d’engagement sur la question. Parfois, c’est l’air de rien, en passant. Parfois c’est au détour d’une histoire. Parfois c’est au coeur du récit, et d’autres encore, c’est frontalement assumé, comme ici dans Princesse Kevin.

Ainsi le flamboyant rose fluo de la couverture, allié à notre petit héros passe-partout Kevin le bien-nommé annonce sérieusement la couleur: et oui, je peux être qui je veux, quand je veux.

On l’a tous constaté (Kevin le premier d’ailleurs), quand une petite fille veut se déguiser en cowboy, en chevalier, en Spiderman, on n’y trouve plus grand chose à redire, et c’est bien heureux. Mais quand un petit garçon veut traverser joyeusement cette bonne grosse frontière des genres, c’est une autre histoire. Un petit princesse? Non mais ça va pas la tête? (poke à Lewis Hamilton, avec tout le respect que je dois à ses 4 titres de champion du monde de Formule 1)

Alors vous me direz, voilà bien un livre qui surfe sur l’air du temps. (encore que parfois, je me dis que j’ai peut-être une version déformée par un optimisme un peu très proactif de l’air du temps) Mais c’est un livre qui a le mérite de le faire avec détermination et tendresse. Chaque page vient gentiment déminer un stéréotype de genre, à commencer par la différence de traitement entre les garçons et les filles quand il s’agit de s’affranchir de ces stéréotypes, justement.

Mais le livre ne s’arrête pas là. Page après page, il amène de nouvelles réflexions. Car Kevin s’aperçoit que Princesse, c’est un métier (mouarf, quel beau métier, hériter ou coucher utile), que dis-je, une destinée compliquée. Les chaussures trop petites, les dentelles qui grattent, le rimmel qui pique. Rappelez-lui pourquoi on fait ça, encore?

On aime beaucoup cette pirouette drôle et élégante imaginée par Michael Escoffier pour conclure le livre, un auteur qu’on connaît déjà pas mal, dont on adore notamment Un mammouth dans le frigo, Un enfant presque parfait, et surtout A poil(s).

Les illustrations de Roland Garrigue sont fraîches et fun, et amènent du peps à l’ensemble. Allez hop, direct dans « Notre petite bibliothèque antisexiste ».

Princesse Kevin de Michael Escoffier et Roland Garrigue, Editions Glénat, 2018.

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