Notre petite bibliothèque antisexiste

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Ca ne vous aura pas échappé, à la maison, on a deux garçons. Deux garçons qui, on y compte bien, seront les féministes de demain. Ou mieux encore, n’auront même plus besoin de l’être. Pour ça, on est attentifs aux valeurs que l’on partage, à notre « exemplarité » (je mets les guillemets d’usage par qu’on n’est pas exempts de réflexes sexistes malgré nous), et à nos lectures.

Voici quelques ouvrages qui composent « notre petite bibliothèque antisexiste », et qui mettent en valeur des filles et des garçons qui dépassent les stéréotypes de genre, et se libèrent de leurs carcans.

 

Les évidences

"Marre du Rose" de Nathalie Hense et Ilya Green
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Bien sûr il y a les évidences. On en parle largement ici, Marre du rose, comme son titre l’indique raconte l’histoire d’une petite fille qui a d’autres aspirations, et lutte pour réaliser une version non-stéréotypée de sa propre féminité. On croise aussi au fil des pages des garçons aux prises avec l’obligation de virilité, le tout illustré avec le talent qu’on lui connait par Ilya Green. Emballé, c’est pesé.

Et puis bien sûr, les Histoires du soir pour filles rebelles (et garçons indeed, prenons cette liberté). Tous les soirs ou presque depuis quelques mois, James réclame ses deux destins d’héroïnes. Des skate-boardeuses, des espionnes, des actrices, des scientifiques, des politiques, des femmes « normales »… On arrive bientôt au bout, mais ça tombe bien, le tome 2 déjà paru en anglais devrait être traduit rapidement, vu le succès d’édition!

 Les héroïnes

Suzie-Sophy-Henn
Lotte-Fille-Pirate-Sandrine-Bonini-Audrey-Spiry
"Il était une fois Lily" de Sara O'Leary et Julie Morstad

Parfois il n’est pas besoin de l’expliciter, juste besoin d’exemplarité. En lisant des livres dont les filles sont les héroïnes. Des filles libres, fantasques, fortes, sensibles, bienveillantes, et créatives. Des aventurières, des polissonnes, des autrices de leur propre vie, comme l’espiègle Suzie, Lotte la fille pirate, ou la rêveuse Lily. On en a beaucoup d’autres bien sûr, mais j’ai choisi quelques exemples de fillettes libres et affranchies dont on vous avait déjà parlé.

Dans le genre, on vient de découvrir le recueil de contes Vives et Vaillantes qui met en avant des filles entreprenantes et téméraires.

Voir aussi: Rouge c’est mieuxEt pourquoi?, ou encore la toute mini-encyclopédie Les inventrices et leurs inventions.

Des filles subtilement « hors cadre »

"Oh! si j'avais un dinosaure" de Gabby Dawnay et Alex Barrow
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Parfois les filles sont là où l’on ne les attend pas. Comme la petite fille de Oh! si j’avais un dinosaure, avec son joli chapeau blanc et sa robe bien repassée, qui rêve d’un dinosaure de compagnie, ou celle de Quentin Gréban, qui rêve de partager son cours de danse classique avec son mammouth de compagnie.

Voir aussi: Louise, Zuza d’Anaïs Vaugelade

 Sus à la société patriarcale

"A calicochon" Anthony Browne
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Il y a des livres qui dénoncent carrément la société patriarcale. Certains de façon frontale, comme A calicochon du génial Anthony Browne, qui conte la révolte d’une mère exploitée par son trio de porcs (pour la subtilité on repassera, mais finalement pourquoi pas), d’autres de façon fantaisiste mais non moins parlante, comme Madame le Lapin Blanc, qui en imaginant le quotidien de la femme du Lapin Blanc (celui d’Alice au pays des merveilles), applique une double bonne idée: mettre en lumière les femmes des grands hommes si souvent laissées dans l’ombre, et lister les oppressions subies au quotidien par les mères de famille.

Des mères imparfaites

"Ma mère à la fête" de Gwendoline Raisson & Magali Bardos

Des livres sur des mères à la ramasse, vous savez, celles qui ont des failles, qui ne sont pas parfaites. On les adore celles-là, et on adore notamment celle de Ma mère dans tous ses états (ou Ma mère à la fête ou Ma mère en vacances) de Magali Bardos et Gwendoline Raisson.

La Fête des pères

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"Leni fait le bébé" d'Emma Adbage

Des livres sur des papas différents aussi. C’est peut-être ce qui nous manque le plus en fait, tant subsistent les papas en voyage d’affaire, ou ceux qui lisent le journal. Mais dans notre bibliothèque, il y a quand même les papas en tous genres du Bureau des papas perdus, des qui dansent, des mal réveillés, des moustachus et des bien habillés, et le père mystérieux de Mon père, avant, il était trop cool, qui évite deux écueils: 1. pour une fois, c’est un père dont la vie se trouve bouleversée par sa parentalité, et pas une mère; 2. il plie le linge et passe l’aspirateur. Ou bien tout simplement des papas en charge (ne croyons pas que c’est une évidence) comme dans Leni fait le bébé.

Les mères badass: c’est qui la plus forte?

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Capitaine-Maman-Magali-Arnal
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Bien sûr, le pendant, c’est quand même les livres sur les mères badass. C’est bien d’avoir des papas sensibles, mais on aime aussi les mamans warriors. Celle de Maximiam, soigneuse de bêtes féroces. Ou celle de Capitaine Maman, archéologue star. Et bien entendu, C’est moi le plus fort de Mario Ramos, où le loup ravale sa fierté de mâle face à la maman de la petite grenouille (spoiler: en fait c’est un petit dragon).

Des petits garçons en question

BoucleDours
MarcelLaMauviette
LaDictature

Des livres sur des petits garçons qui assument leurs envies et s’interrogent, comme le petit gars de Boucle d’Ours de Stéphane Servant et Laëtitia Le Saux qui a une folle envie de se déguiser en Boucle d’Or pour le carnaval, et qui ne compte pas se laisser impressionner par les arguments machistes de son père, ou bien Gabriel qui dans La Dictature des petites couettes (Ilya Green, toujours), compte bien participer au grand concours de beauté, ou encore l’incontournable Marcel créé par Anthony Browne (oui, encore), qui affrontent un monde souvent très dur, armé de son émotion et sa sensibilité.

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Découvert récemment, le petit frère de Ma soeur est une brute épaisse. Si sa soeur peut être un garçon manqué, lui, à quoi a-t-il droit?

Récemment, on a découvert Princesse Kevin de Michaël Escoffier et Roland Garrigue, dont la couverture annonce malicieusement la couleur, inutile d’en dire plus! Je crois bien que c’est le seul livre de princesse dont nous ayons jamais parlé sur le blog 😉

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Mais aussi: Emile fait l’enterrement de Vincent Cuvelier et Ronan Badel (sa passion pour le tricot et sa copine la vieille dame)

Allez, pleure un bon coup

"Dans mon petit coeur" de Jo Witek et Christine Roussey
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A-A-A-A-Atchoum! de Philip C. Stead et Erin E. Stead

Les émotions justement, on essaie de les écouter et les comprendre, avec des livres qui les laissent aller. Avec des livres qui nous les expliquent, comme Dans mon petit coeur, une chouette alternative (ou complément) au désormais classique La Couleur des émotions, ou encore Après de Laurent Moreau, une variation poétique et pleine d’émotions sur le passage du temps. Ou plus limpidement encore, des livres avec des personnages bouleversants d’empathie et de sensibilité, comme notre héros Amos Mc Gee, gardien de zoo pas comme les autres. A-A-A-A-tchoum, LE livre qui fait rire et pleurer en même temps. 

Il y a aussi les livres qui mettent en scène des petits héros neutres (L’Infini Voyage, Ne bouge pas), ceux qui illustrent des modèles familiaux divers et variés (Igor & Souky au Centre Pompidou de Sigrid Baffert et Sandrine Bonini), ceux qui jonglent avec les clichés (La Maison dans les bois d’Inga Moore, Hector l’homme extraordinairement fort de Magali Le Huche, La Princesse, le chevalier et le Dragon intrépide de Geoffroy de Pennart, Une super histoire de cowboy de Delphine Perret), ceux qui savent que les filles et les garçons peuvent être juste amis (L’Enfant de Sable de Nadja, Une histoire à quatre voix d’Anthony Browne), et d’autres encore dont on reparlera bientôt…