3-5 ans·5-7 ans·7-10 ans

Liste de Noël, #4

Alors oui, ça fait deux mois qu’on a disparu, mais on ne pouvait quand même pas rater une tradition, et vous laisser désemparés face à cette insondable question: quel livre offrir à Noël?

Parce que ne nous leurrons pas, on va pas tous s’en sortir en offrant des moments. On va peut-être même faire face à de douloureux échecs (« Viens, je t’offre un moment de partage, on va plier du linge ») (c’est là qu’on voit que l’exercice a ses limites).

Alors plutôt que d’offrir un truc hideux en plastique, ou un truc qui fait mal en bois – ou un t-shirt à paillettes réversibles -, autant tout miser sur le papier.

Du coup on vous a fait une petite sélection de livres qu’on a bien aimé lire cette année, certains sont neufs, certains sont d’occasion, et certains trainent depuis un bout de temps sur nos étagères – mais on a bien aimé les relire…

ndrl: j’aurais bien mis plein de belles photos qui parlent d’elles-même et m’évitent de trop devoir rédiger, mais il fait dramatiquement trop gris pour ça… Du coup techniquement sur les photos, ben il fait jaune.

Alors, normalement on évite tout ce qui est dragon* (*remplacer par chevalier, pompier, policier, super-héros) dans nos histoires à la maison, mais là en fait, c’est surtout une sorte de roman épistolaire. Oui, tout à fait, un roman épistolaire, comme Les Lettres Persannes ou Les Liaisons Dangereuses. Avec même ici en plus (rép à ça Montesquieu) des enveloppes à décacheter, et de vraies lettres à déplier. Alors c’est peut-être un peu #okboomer, mais j’assume.

Cher Dragon, Emma Yartlett, Albin Michel Jeunesse, 2018

On ne présente plus Jon Klassen, me semble-t-il. Ses délicates illustrations sont mises ici au service d’une histoire pleine de générosité, qui a en plus pour vertu non négligeable de réhabiliter l’art du tricot. Blague sur le côté, comme dirait l’autre, les incursions de la laine multicolore dans les illustrations, et le monde un peu gris de notre jeune héroïne qui prend peu à peu des couleurs sont tout à fait séduisantes. On aime beaucoup. C’est effectivement doux comme un bon plaid.

Extra Doux de Mac Barnett et Jon Klassen, Milan, 2012

Parce qu’on adore les livres d’Adrien Albert (Train Fantôme, Papa sur la Lune, Cousa), et qu’Henri est en retard ne fait pas exception à la règle. C’est frais et plein de fantaisie, dans un univers presque documentaire dans lequel s’insèrent des personnages et des situations résolument décalés. Un vrai plaisir.

Henri est en retard d’Adrien Albert, L’Ecole des loisirs, 2016

Il faut savoir que je suis très sensible au pouvoir performatif du langage. Donc, si un livre me dit Trois histoires vraiment bien, je ne demande qu’à le croire. Et c’est effectivement le cas de ces trois courts récits mis en image avec la verve qu’on lui connaît (oui, des illustratrices peuvent avoir de la verve) par Magali Le Huche, qui semble se régaler à coucher sur le papier l’univers bricolo-déjanté de Julien Baer, plein de petites idées folles et de références pop.

Trois histoires vraiment bien de Julien Baer et Magali Le Huche, Les Fourmis Rouges, 2019

Je vous ai déjà dit que j’étais vraiment très sensible au pouvoir performatif du langage? Ah oui, juste au-dessus. Et donc… quand je tombe sur Le Meilleur Livre du Monde, je suis au taquet. Et figurez-vous que le livre tient avec fantaisie une grande partie de ses promesses, ne serait-ce que grâce à sa conclusion: l’histoire ne s’arrête pas là… si on la relit encore! Les illustrations hyper colorées et graphiques sont des plus enthousiasmantes, tout comme les aventures de la petite lectrice du livre.

Le Meilleur livre du monde de Rilla, Gautier-Langereau, 2014

« Le Garage est le meilleur livre à volets que j’ai jamais lu », déclarait il y a quelques mois Marcus avec beaucoup d’aplomb. Et c’est vrai qu’il est fun, ce livre avec non seulement tout ses volets, ses volets dans les volets, mais aussi ses dépliants surprises, et ses héros-z-animaux. Une jolie surprise tombée du ciel, qui me réconcilierait presque avec le fait d’offrir un livre de voiture à mon fils – comme quoi je suis pas si sectaire.

Le Garage de Merlin, Albin Michel Jeunesse, 2011

L’art du papier découpé d’Antoine Guilloppé est ici mis au service de l’intemporelle histoire de King Kong, dont la massive majesté croise la délicatesse des dentelles de papier de Guilloppé, dans un noir et blanc résolument graphique, qui marque les esprits, et sied à l’aspect spectaculaire du récit. D’une grande beauté.

King Kong d’Antoine Guilloppé, Gautier-Languereau, 2015

On a beau être des lecteurs avertis, on est toujours preneurs quand on nous offre quelques conseils pour toujours mieux assouvir notre passion… Les deux jeunes héros nous entrainent avec humour et fantaisie dans cette incroyable aventure qui consiste à… lire un livre! Et nous font tourner la tête en nous faisant tourner les pages dans tous les sens, d’avant en arrière, de haut en bas et vice versa. Un tourbillon de malice, pour ce livre qui parle de livres, un classique dans notre bibliothèque.

Comment livre un livre? de Daniel Fehr et Maurizio A.C.Quarello, Kaleidoscope, 2018

Alors là on est sur du coup de coeur garanti. C’est un peu un livre de grands, finalement, 100 ans, tout ce que tu apprendras dans la vie, un livre pour adultes, mais à lire aux enfants. Un livre qui joue sur la nostalgie et la mélancolie des grands, pour mieux les partager avec les petits. Un livre qui égrène les âges de la vie, ses grandes joies et ses indicibles malheurs, ses petits bonheurs et ses infinies tristesses. Un livre parfois sombre, mais surtout lumineux, à mettre entre toutes les mains, et à déguster, page après page, année après année.

100 ans, tout ce que tu apprendras dans la vie, de Heike Faller et Valerio Vidali, Seuil, Editions du sous-sol, 2019

Au hasard d’un rayon, tomber sur cette petite fantomelette toute crayonnée, lointaine cousine de Calimero, qui cherche sa place dans le monde. Comment être une fantôme digne de ce nom quand on ne fait pas peur? C’est ce que l’on va découvrir en suivant les aventures de cette super-héroïne du quotidien, qui finit par trouver sa vraie force intérieure. Le tout génialement crayonné, en gris et jaune!

Fantomelette de Charlotte Erlih et Marjolaine Leray, Gallimard Jeunesse, 2019

C’est pas toujours facile à vivre, une fratrie, pas tous les jours faciles d’être toujours le grand, ou toujours le petit. Pas facile d’avoir 2, 3, 4 ans d’écart, et d’aimer celui ou celle que l’on nous impose d’aimer. Quant à le comprendre… Du coup, j’aime beaucoup lire des histoires de frères et de soeurs avec les garçons (le pouvoir performatif du langage, tout ça), et j’aime beaucoup la délicate histoire de ces deux soeurs, cette petite qui voudrait grandir plus vite, et cette grande qui voudrait parfois avoir un peu plus de temps.

Ma grande soeur et moi de Simona Ciraolo, Gallimard Jeunesse, 2016

Bon alors, avec Nous sommes là, on est sur une sorte de tube de la littérature jeunesse, de la valeur sure, de la feel good littérature qui rencontre les grandes questions qui agitent notre monde, et fait appel à nos instincts les plus doux. Et vous savez quoi? Soyons fous, et si on se faisait du bien… Avec cette histoire d’amour de l’humanité et de la planète, cette lettre d’amour d’un père à son fils pleine de bons sentiments, de jolis clins d’oeil, et de solidarité. C’est bon comme un chocolat chaud au coin du feu.

Nous sommes là d’Oliver Jeffers, Kaleidoscope, 2018

Une jolie poésie intergénérationnelle, basée sur une expression toute faite (« à ton âge ») revisitée avec joie, fantaisie, et la petite dose de mauvaise foi qui va bien avec par un papi gâteau qui réécrit sa propre enfance pour enchanter celle de son petit-fils. Avec en bonus non négligeable, les délicieuses illustrations de Séverine Assous, pleine de peps et de gaieté. Une vraie petite friandise.

A ton âge de Carole Fives et Séverine Assous, Hélium/ Actes Sud, 2019

« Les gens disent que les filles, ça doit faire comme les filles, les garçons, ça doit faire comme les garçons. On n’a pas le droit de faire un geste de travers. Tiens, c’est comme si on était chacun dans son bocal. » Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon aborde de façon incisive et inventive le poids des conventions et des stéréotypes de genre sur la construction de soi, le mal que ces injonctions peuvent faire aux individus en pleine invention de soi que sont les enfants, le formatage subit au quotidien. « Julie ne sait plus qui elle est puisqu’elle devrait toujours faire comme quelqu’un d’autre pour être aimée ». Avec force et poésie (le texte relève le défi de s’écrire en partie en rimes), ce bel album contribue à libérer les esprits. Un album d’une grande modernité, publié pour la première fois… en 1975!

L’histoire de Julie qui avait une ombre de garçon de Christian Bruel et Anne Bozellec, Editions Thierry Magnier, 1975

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s