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Un p’tit coin de parapluie

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Alors que je errais subrepticement dans les rayons de la Fnac sous le fallacieux prétexte d’acheter des cahiers de vacances pour les garçons – adaptés au programme scolaire belge, c’est pas aussi simple que ça en a l’air voyez-vous -, je suis tombée nez à nez par totale inadvertance attendu que je ne trainais pas du tout dans le rayon album jeunesse sur cette fulgurante merveille.

Je ne pourrais pas expliquer intelligemment pourquoi je crois j’ai eu un coup de coeur total, absolu, irréversible pour cette couverture. Un graphisme un peu vintage (mate la coiffure du petit blond vénitien), mais des couleurs hyper contemporaines, une vraie révélation – doublée d’une petite réminiscence, j’y reviendrai. Du coup je l’ai feuilleté, et alors là, impossible de le reposer, je l’ai serré bien fort contre mon coeur, et je suis passée à la caisse – bon, il n’étais pas seul, certes, sans quoi il se serait ennuyé…

Tout là haut dans le ciel, parmi les étoiles,

il y a quelque chose que tu n’as peut-être pas remarqué…

C’est le parapluie de mon amour pour toi.

Où que tu sois, au-dessus, juste là ,

il est le signe que je pense à toi.

Un p’tit coin de parapluie, ça commence comme ça, par cette douce pensée, cette jolie attention, ces mots rassurants, chargés d’accompagner les plus petits (et les plus grands, je prends pour moi aussi), dans les moments difficiles de la vie. On parle à des enfants ici, de grands et de petits malheurs, cette timidité qui les empêche, ce déménagement qui les bouleverse. C’est tendre, fin, un peu mélancolique, et c’est beau. Regardez plutôt:

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C’est aussi doux et joyeux. Parce que pour chaque instant de solitude, de désespoir, d’incompréhension, il y a un moment de bonheur qui compense, et vient rétablir la balance émotionnelle. Alors ça pétille sur ce beau papier épais. Ca pétille d’amour, de joie et d’allégresse, d’intenses complicités et de petites félicités:

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(Moi aussi je veux vivre dans cet univers parallèle où les enfants ne se déguisent ni en princesse, ni en ninja, ni en super héros)

Je ne résiste pas à cet usage brillant du orange fluo qui me réjouit presque autant que tous les beaux sentiments qui parcourent le récit. Des beaux sentiments, oui. Trop de beaux sentiments peut-être? Eussent été d’autres illustrations, surement, mais il y a une finesse, une gaieté et une spontanéité telles dans celles-ci qu’elles sont venues sans forcer à bout d’une légère tendance au cynisme qu’il pourrait m’arriver d’avoir.

D’ailleurs, très récemment à la bibliothèque, on a emprunté un autre album du même duo, Le Capitaine Etoile-de-mer, auquel je comptais d’ailleurs consacrer un post, jusqu’à ce que j’embarque ce nouvel album à la Fnac. Le Capitaine Etoile-de-mer s’adresse à des enfants peut-être un peu plus grands, l’histoire y est tout aussi subtile, et les illustrations tout aussi élégantes, dans une très réussie double tonalité de tons bleu et chair. A découvrir absolument, là aussi!

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Une dernière chose sur Un p’tit coin de parapluie. J’y ai particulièrement apprécié l’attention qui y est portée à représenter des familles de toutes origines, un peu comme dans les albums de Gyo Fujikawa, j’en parlais d’ailleurs ici. C’est une question que je me pose régulièrement concernant les albums jeunesse, la prédominance du type caucasien, tellement obsolète dans nos sociétés métissées. J’ai pour projet un jour d’éplucher notre bibliothèque pour voir ce qu’il en est concrètement, mais n’ayant en vrai absolument pas le temps de me pencher sur la question, je me contente d’apprécier la diversité quand je la croise, et de la valoriser. Dont acte.

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Une bonne dose d’admiration donc pour le travail conjoint de Davina Bell et Allison Colpoys, dont je ne manquerai pas de suivre les prochaines aventures.

Un p’tit coin de parapluie de Davina Bell et Allison Colpoys, Editions Sarbacane

 

PS: on participe à la chouette initiative « Chut, les enfants lisent » de Devine qui vient bloguer?

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7 réflexions au sujet de « Un p’tit coin de parapluie »

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